Alors que je mesurai ma fatigue anticipée par le grand chambardement de printemps dans ma maison, un bruit suspect à la fenêtre m’alerta. Sur le chéneau, le derrière rebondi d’un inconnu un peu roux s’agitait sans pudeur pendant qu’enfouie dans le feuillage, sa moitié antérieure tâtait les branches et les secouait, martelant ainsi la vitre du rameau le plus long. L’intrus semblait déterminé à s’engouffrer, au risque d’une belle chute, dans les profondeurs du houx pour goûter de l’oiseau. Je toquai au carreau, magnanime, avant que l’imprudent prédateur alimente les gorges chaudes des tourterelles et des merles moqueurs. Un peu inquiet du revers, la bête féroce adopta le regard transparent de l’innocence bafouée puis posa en animal distingué, rassérénée à la vue de mon arme photographique.
Le vent a soufflé plus fort, la houle parfumée m’a tourné la tête vers les arbres en fleurs comme une girouette, et le chat profitant de ma distraction s’en est allé tout seul comme ceux pour qui tous lieux se valent.

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