Tiens, un nid ésotérique !
Sorti avec précaution de son carton, pour ne pas éveiller les fantômes et éviter d’éveiller les hantises, mais des articles découpés dans les journaux sont tombés d’un volume et l’un d’eux était signé Pierre Devaux, résurgence d’une époque. Il s’agit d’un hommage funèbre à Georges Barbarin mort dans un incendie estival, d’origine criminelle soupçonne-t-on. Barbarin écrivit beaucoup en faveur de la douceur de la mort et Pierre Devaux, qui s’était attristé à la nouvelle choquante de sa disparition brûlé vif, rétablit la vérité avec une sorte de soulagement : le vieux monsieur et son épouse ont péri asphyxiés et son enquête à ce sujet lui permet d’affirmer que la mort par enfumage n’occasionne aucune souffrance, sauvant ainsi la mémoire de cet auteur et probablement ami.
Il paraît que les retranscriptions des séances de Victor Hugo sont incomplètes, elles apparaissent au fil des décennies d’après l’article lu tout à l’heure sur la question. Le dictionnaire occulte à la chauve-souris est plutôt chouette… enfin, je ne veux pas dire par là qu’il est nocturne… oui, passons et continuons. Suivi d’un dictionnaire des songes, il fut dirigé par Frédéric Boutet, l’auteur de textes fantastiques — j’apprends à l’instant que le père de cet écrivain imaginatif était le concepteur d’un pont suspendu au-dessus de La Manche : comment s’étonner de la carrière du fils. Quant au roman, signé Jean Sénius (haha !), il vaut son pesant de roudoudou, paru aux Deux sirènes, un joli logo, une édition qui publiait des romans d’aventures intéressants pour les amateurs de récits populaires.

 

Un peu plus tard…

Vous aurez du mal à me croire, mais en rangeant cette pile sur l’étagère à ras du sol sur le palier, encore partiellement vide et réservée aux ouvrages ésotériques, j’ai aperçu des choses sombres éparpillées. Ne les reconnaissant pas dans le recoin mal éclairé, j’ai pensé qu’il s’agissait de feuilles mortes, arrivées sous un carton, et j’en ai touché une pour l’ôter. J’ai sursauté en découvrant sous mes doigts un velours doux comme le duvet : ce n’était pas un débris végétal, mais le fragment de l’aile menue d’un oiseau ! Disposés artistiquement, les reste dessinaient, j’en suis sûre, un remerciement diabolique de Lilith aux grands esprits de la chasse.

 

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