Je me moque d’être vendable et d’obéir à une retenue d’affichage qu’on dit respectable. Je me fiche qu’on s’amuse ou s’indigne. J’écris et, parfois, je veux être lue, comme ceux qui crient veulent être entendus. Ni calcul, ni stratégie, le simple et primaire désir d’exister comme un bruit blanc, bref et expérimental.

Il est l’heure ! Elle sonne à la rue dans les bicoques… parquées comme au quai du vieux port… les navires gris calanchés qui puent les eaux sales… Pas la trempe de prendre le large ! L’ombre s’allume au briquet… le mur… un bras fume, levé, plié, arrêt, tombe à la cadence, un métronome, du temps gagné, du temps perdu. Le mégot file au caniveau, jeté comme un falot ! Grésillement… silence… la chape de plomb fondu, l’étau sur les boyaux, ça grouille enchâssé dans ta chair. Il est l’heure, encore ! Un coup de molette, éraillé… foutu briquet, monté à la chaîne par les culs-de-jatte entravés, la loupiote du soleil levant pour un manchot… Tire les allumettes… la flamme dans la paume, elles dansent les filles de joie, elles te chauffent la peau… La poche ! Dans la doublure, le papier, le plan ! La feuille tangue comme une poissarde, se dérobe aux doigts… fébriles, pleins de moiteur huileuse, les caractères brouillés, les yeux qui larmoient… ils laissent des traces… brûlantes ! Du soufre, de l’encre… le casse ! C’est toujours l’heure qui te vole…

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