Les suffisances matamoresques appellent encore James Ensor

Les suffisances matamoresques appellent la finale crevaison grenouillère. Il faut rigoler un brin. Mille excuses.

RÉFLEXIONS SUR L’ART.
La vision se modifie en observant. La première vision,
celle du vulgaire, c’est la ligne simple, sèche, sans
recherche de couleur. La seconde période, c’est celle
où l’œil plus exercé discerne les valeurs des tons et
leurs délicatesses ; celle-ci est déjà moins comprise
du vulgaire. La dernière est celle où l’artiste voit les
subtilités et les jeux multiples de la lumière, ses plans,
ses gravitations. Ces recherches progressives modifient
la vision primitive et la ligne souffre et devient secondaire.
Cette vision sera peu comprise. Elle demande une
longue observation, une étude attentive. Le vulgaire ne
discernera que désordre, chaos, incorrection. Et ainsi
l’art a évolué depuis la ligne du gothique à travers la
couleur et le mouvement de la Renaissance, pour arriver
à la lumière moderne !
1882.
Les écrits de James Ensor : avec 36 reproductions d’après les dessins originaux du peintre, James Ensor, éditions Sélection, Bruxelles, 1922

 

James Ensor, « Les musiciens effrayants », 1891. Trivium Art History

 

James Ensor (1860 – 1949) est né, a vécu, est mort à Ostende. Sa mère flamande vendait des souvenirs en coquillage et son père ingénieur alcoolique et héroïnomane était anglais. Quelle part son enfance étrange agit comme un levier pour le métamorphoser en artiste avant-gardiste, puis en rebelle passéiste, indépendant et le clamant, discret sur son intimité, et fasciné par les masques, les déguisements, le carnaval et le grotesque, il est même à l’origine d’un bal masqué en 1896 qui perdure encore dans sa ville natale, le bal du Rat mort. Un provocateur dans le monde, gardant jalousement le secret de sa vie privée, un peintre fantasque et un graveur obsessionnel, muni d’un parapluie par tous les temps, en quête de vrais et faux-semblants, un anarchiste belge.

 

 

Bandeau : James Ensor – tête d’un jeune homme, huile sur toile, 1877

2 réactions à “Les suffisances matamoresques appellent encore James Ensor

    1. D’accord! Il faudrait un jour que je dresse un programme de visite vers la Belgique, toute proche de chez moi : Delvaux, Spilliaert et Ensor, donc, pour commencer. Merci d’être passé.

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