Les jours fériés du travailleur à domicile

Se lève, s’étire jusqu’à la cuisine, s’ensommeille au rythme des glouglous parfumés avant de siroter son café où naufragent les miettes de la gaufre trempée. Monte au bureau et ferme avec un frisson la croisée, entrebâillée dans la nuit par un chat déguisé en rat d’hôtel — sa place froisse un creux sur le divan mais il a quitté les lieux. S’installe à sa table, industrieuse et, les yeux mi-clos, relève l’heure et la date. Repousse le fauteuil d’un demi-tour brutal sur ses roulettes, s’extirpe comme un diable et galope vers la chambre voisine, secoue le gamin qui grommelle une langue étrangère, le secoue de plus belle, puis abandonne et dévale l’escalier en claquant des talons. Ouvre la porte d’une autre chambre, avec un rebond sonore sur le mur quand le battant le frappe, saute sur le lit en déclamant d’une voix forte l’urgence de la situation, la date et l’heure, les événements, la tradition, les devoirs et les raisons. Repart comme une tornade, en promettant une tasse de café de secours, quand du lit retentit une protestation définitive : « NON ! »

Pfitt, un jour férié, comme si je pouvais le savoir si on ne me le rappelle pas.

 

Un jour, là, mai 2015

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