La serpentaire immisce entre mes bras
son corps engainé de taffetas noir
au sein du flot lent des canaux sanglants
sans cesse elle ondoie ses longs doigts soyeux
sans cesse éclot sa corolle écarlate
à fleur de peau rampante et vénéneuse

un à un ses ongles fins s’insinuent
dans le labyrinthe auquel ils accèdent
à l’insu de ma conscience à nue
car depuis ma naissance, elle est son fief
son magma primordial où s’accumule
et se corrompt la vie riche en déchets

Son relent déliquescent de pétales
envahit l’insignifiant parterre
exigu que mon existence accorde
aux décadences de l’étale effluve
un jour m’embaumera la serpentaire
efflorescence indocile à l’espace.

 

Bandeau : Carlos Schwabe pour Les fleurs du mal de Charles Baudelaire, La destruction.

 

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