Quand les auteurs ouvrent leur blog pour écrire les émotions qui les ont traversés pendant leur lecture des Papillons géomètres, les miennes menacent de me submerger. Il est doux de recevoir d’aussi chaleureux encouragements de la part d’amis et de camarades de jeu dans la cour de l’Imaginaire.
Alors qu’il signe encore une belle nouvelle pour Le Novelliste, Dominique Warfa ne sera pas des nôtres, hélas, mais Jean Luc Boutel et Nicolas Le Breton présenteront leurs livres aux Rencontres de l’Imaginaire, c’est un grand plaisir de les revoir.

Dominique Warfa : De cuivre et d’ambre.
Jean-Luc Boutel, Sérénade Sélénite.
Nicolas Le Breton, Sherlock Holmes aux enfers.

Géométrie dans l’au-delà…

C’est une langue belle avec des mots superbes. Nul besoin de se poser en admirateur d’Yves Duteil pour aimer ce vers, qui allie la balance mélodique à la vérité du sens qu’il porte. Ce sont les mots qui me sont tout naturellement venus à l’esprit à ma dernière lecture, celle-là qui me pousse aujourd’hui à renouer avec ce blog si souvent et depuis si longtemps délaissé. […]

Christine Luce mélange effrontément les esprits et les vivants, jusqu’à nous offrir une union remarquable des mondes, des puissances, de l’inconnu… Elle le fait, je le répète, dans un grand souffle romanesque enrichi d’une langue gourmande, beau reflet des horreurs de la rue et des malédictions de l’au-delà. Et puis l’enquête se résout.
Mais le lecteur attentif au déroulé narratif attend, lui, des nouvelles de cet outre-monde : l’Ancienne, le plan, la Hurle, l’abductio, la chose de la Morgue… (Déroulé narratif, j’aime bien. Mieux que diégèse, non ?) Alors, Christine Luce, un autre appel de l’au-delà ? Les papillons de nuit, tes papillons géomètres qui viennent se brûler les ailes aux sources lumineuses, tu nous parle de leur « obstination (à) atteindre la lumière et ce qu’elle est censée leur apprendre », comme Mary-Gaëtane ou son amie Maisy, comme l’Enquêteur. Nous aussi, lecteurs, on aimerait continuer d’en apprendre davantage. Voilà. Ce très beau livre qui luit dans le noir, je l’ai terminé hier, à petites gorgées comme un thé très noir, et il me fallait en parler très vite.

Dominique Warfa

[NDLR : aujourd’hui encore, les mots de Dominique m’offrent un frisson de joie rare, c’est lui qu’il faut lire !]

Sur l’autre face du monde

[…] Les chapitres se succèdent ainsi à une vitesse folle, soutenus par une langage riche, volontairement vieillot par certains côtés, mais tellement plaisant à lire. Certes, je ne vous cache pas qu’une telle densité en terme d’écriture risque de désarçonner quelques lecteurs, on devine entre les lignes une sensibilité extrême que Christine exprime par un langage soutenu, toutefois, elle parvient toujours à trouver un équilibre parfait, et le fait de marcher continuellement en équilibre entre richesse de son vocabulaire et légèreté dont elle aborde nombre de situations, me font penser à « l’enquêteur », le principal protagoniste de ce roman, toujours en équilibre entre les vivants et les morts, le solide et l’évanescent, l’imaginaire et le réel. Il leur faudra alors une bonne dose de courage et de sagacité pour résoudre cette mystérieuse énigme, unir leurs forces et surtout ne jamais perdre pied, car l’horreur qui va se révéler au bout de l’aventure pourrait les plonger dans une éternelle folie et si les morts n’ont pas grand chose à perdre, si ce n’est un amour impossible, les vivants eux pourraient voir leur âme corrompue à tout jamais.
Un roman qui nous plonge dans un monde occulte, complexe et foisonnant, habité par des personnages attachants et charismatiques et trouvant un parfait équilibre entre noirceur , délicatesse et humour. Tout cela ne faisant que confirmer le talent de cette nouvelle venue chez les moutons électriques, mais de cela, nous n’en doutions pas une minute. Nous attendons alors avec impatience son prochain roman, car une fois qu’un telle machine est lancée, il ne faut surtout pas l’arrêter.

Jean Luc Boutel

Fatras et alambics

Un roman délicat, à la prose ciselée, que je me devais de lire — par intérêt pour les sujets d’ésotérisme autant que par curiosité envers la prose d’une mienne camarade d’édition.
En quelques mots : c’est un roman volontairement lent, littéraire, qui m’a enchanté de ses descriptions — parce qu’après-tout, mettez-vous à la place d’un esprit jeté dans l’outre-monde : ne seriez-vous pas délicieusement charmé de redécouvrir le moindre détail, s’il vous était donné d’effleurer de nouveau votre vie d’avant, votre vie humaine ? C’est sur cette idée, et bien d’autres, que se lance ce roman. A ma connaissance, peu de romans ont présenté avec autant d’attention l’autre côté du miroir — l’au-delà des spectres, ces non-êtres, non-choses, faits de cette énergie rémanente qui, selon Kardek et bien d’autres, hante les lieux, se refuse au néant quitte à vivre une demi-vie dans un demi-monde. […]

Nicolas Le Breton

4 réactions à “La joie de la cour de récréation

    1. Oh ! Ma campagne alimentaire fonctionne ! Merci d’allumer une lueur d’espoir, je m’obstine à mener à bien mon projet de réclame et je doutais de mes compétences. ^^

        1. Mais tu es irrésistible, Dominique : quand je lis tes « arguments de vente » en essayant vainement de garder contenance, pour un peu, tu me convaincrais d’acheter mon propre roman ! ^^
          Merci, et mille mercis pour cette merveilleuse chronique, et plus encore. J’ai beaucoup de chance.

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