Dans le jardin, les arbres s’élèvent comme autour d’une clairière une assemblée de statues vouées aux ténèbres. En sortant, j’ai pris une bière et au goulot, je l’ai bue glacée le regard perdu vers les étoiles dont la nuit s’enlumine quand les lampadaires s’éteignent sur la Terre. La brise effleura mes pieds nus enfouis dans les herbes, sa vague fraîche éclaboussa mes mollets. J’ai ri doucement de vouloir découvrir la mer sous le terreau, car je pensais au courrier que m’écrivait mon ami Fabrice dans la soirée : peut-être cherchions-nous, par des voies détournées, à inventer un Éden mésozoïque sous le papier. Une chauve-souris a crié, je ne fus pas loin de le croire à portée de ma main.
Un jour, là, en été 2013
