Forward 31 mars 2015, play The Ex

Lundi matin dans le potage, les muscles endoloris. Hier, je n’ai pas voté, j’ai préféré courir au concert The Ex et je n’étais pas la seule, perdue dans le public de 12 à 75 ans – même si le lecteur tatillon peut objecter que le décalage horaire survenu plus tôt ne réduit pas une journée à sa soirée.

The Ex, punk, post-punk, expérimental, musiciens et anarchistes depuis 1979.

Plus de trente ans ont coulé depuis leurs débuts dans une friche industrielle aux Pays-Bas, leur collectif plutôt que groupe emporte encore et toujours leur musique agitée, ils l’ont internationalisée leur propagande vivante.

 

Katherina Bornefeld

La batteuse, Katherina Bornefeld, en plus d’user de sa voix sensible, manipule ses baguettes et tout ce qui lui tombe sous la main pour taper ou secouer, envoûtée par le rythme. Je suis tombée amoureuse de Terrie Hessels, en mouvement perpétuel, il bruine quand il gratte comme un forçat les cordes de sa guitare.

Terrie Hessels

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il pleuvait aussi quand je suis sortie, une averse drue qui s’insinuait dans le cou avait remplacé les trombes de vent sur les hauteurs grillagées de l’Aéronef. Mais dans le Nord, il faut plus d’un sale temps et des élections pour nous abattre. Après les punks et la bière au comptoir, avec la gamine, le vieux et l’Italien, on s’est déniché un resto sans alcool qui servait des assiettes grandes comme des cadrans solaires, emplies de boulgour, de kefta et, bien sûr, d’une généreuse portion de frites. Affalés sur les banquettes de skaï éraillé, nous brandissions les couverts pour ponctuer nos tirades, le serveur aux traits tirés après sa journée nous ravitaillait en pain et en eau, impassible devant nos errances verbales.

 

Le thé à la menthe brûlant et très sucré qu’il nous offrit à la fin du repas témoigne de son indulgence. Si l’aile d’un papillon a voleté cette nuit-là dans le bistrot, elle a soufflé ailleurs, dans d’autres poumons et cerveaux, une inspiration d’idées gesticulées mêlées de fous rires mentholés, et, bientôt, la face du monde s’affublera d’un nez de clown.

 

— The Ex : Double Order (Catch My Shoe, 2011)

Un jour, là, 30 mars 2015

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