L’éducation nouvelle prépare, chez l’enfant non seulement le futur citoyen capable de remplir ses devoirs envers ses proches et l’humanité dans son ensemble, mais aussi l’être humain conscient de sa dignité d’homme.
— Principe de la Ligue Internationale d’Éducation Nouvelle, 1921

La Ligue internationale pour l’Éducation Nouvelle (LIEN) fut créée en 1921 lors du premier congrès de l’éducation nouvelle à Calais.

À Calais…

Ce Congrès était le résultat du mouvement pacifiste qui avait succédé à la Première Guerre mondiale. Il avait semblé alors que pour assurer au monde un avenir de paix, rien ne pouvait être plus efficace que de développer dans les jeunes générations le respect de la personne humaine par une éducation appropriée. Ainsi pourraient s’épanouir les sentiments de solidarité et de fraternité humaines qui sont aux antipodes de la guerre et de la violence.
— Georges Bertier, 1952 (l’un des membres fondateurs)

Affiche de Fritz Zerritsch der Jüngere (1888 – 1985)

La guerre, la boucherie de la Grande Guerre a donné un seul élan positif, celui de rompre la tradition, laquelle s’obstinait à se mettre en guerre pour régler n’importe quelle situation conflictuelle. Pour modifier la société comme tout être pensant décidé à améliorer la condition humaine de chacun, le pacifisme, évidemment. D’anciens combattants, les enseignants qui aimaient les enfants et les femmes qui n’en pouvaient plus de voir mourir ceux qu’elles aimaient, ceux qu’elles avaient souvent eu bien du mal à mettre au monde.
Curieux comme ceux qui n’ont connu aucune violence sont nombreux à se moquer du pacifisme, je les engage à lire quelques ouvrages réalistes, plus proches de la réalité du citoyen lambda en temps de guerre, plutôt que les fictions revanchardes ou les manuels scolaires.

 

 

Affiche de Théophile-Alexandre Steinlen (1859 – 1923)

La ligue en question se voulait trop tolérante et apolitique, elle s’est empêtrée dans ses propres incohérences quand son universalité s’est trouvée réduite au respect des membres catholiques, attachés au péché originel. Entre autres, car la sauvegarde du confort douillet ne s’accordait pas avec certains instituteurs non seulement anti-cléricaux mais de gauche.
J’éprouve encore et toujours de la tendresse pour le couple Freinet et leur projet prolétarien, en butte à toutes les hostilités de gauche et terribles d’extrême-droite, mais aussi réceptacle des soutiens les plus solides. L’article du GFEN, le Groupe français d’Éducation Nouvelle m’a appris que l’école existait toujours — je suis un peu en retard en nouvelles fraîches à force de lire trop souvent celles un peu datées d’un ou deux siècles —, grâce à la fine et ferme stratégie de la fille des Freinet, Madeleine :

En difficultés financières, elle convainc le ministre de l’Éducation nationale Lionel Jospin de racheter l’école : l’École Freinet devient école publique d’État (à statut expérimental, hors carte scolaire), sous tutelle de l’Inspecteur d’Académie de Nice. Il est dit clairement que la vocation de l’école est de préserver la pédagogie qui a été voulue ici par Élise et Célestin Freinet.

Rien n’est perdu et tout reste à dire (Merci, Marcel Mariën).

 

Pourquoi lis-je ceci un dimanche après-midi ? Recherches bibliographiques, évidemment ! Elles m’ont entraînée un peu loin, mais tout a un rapport avec de surprenantes nouvelles connaissances des éditions pour la jeunesse, bien qu’indirectes pour les collections Gründ qui m’occupent actuellement.

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