L’hiver m’épuisa, le printemps s’éveilla, violent. Il n’est pas facile en ce moment de suspendre mon incrédulité, ma raison et ma fatigue endémique pour recueillir et commenter les illustrations et peintures féeriques d’une autre époque. La vie n’était pas meilleure, ni très différente, et justement, le recul me manque pour aborder tant de peine et de misère, si peu de douceur, à croire qu’elle s’offre avec parcimonie pour ne pas l’user. Peut-être aussi j’ai présumé de mes forces, de mes compétences et de ma résistance en société, rarement tendre. Ou je vieillis, difficile de le nier. Si je ne connaissais pas l’histoire, je rêverais comme cette petite Anna-Johanna qu’a peinte Carl Larsson en 1913. Le portrait me convaincrait que le temps nous leurre, je pourrais prétendre que cette enfant demeure à jamais l’aînée de la famille à laquelle j’appartiens.

2 réactions à “Anna-Johanna Grill

Répondre à Béatrice Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.